-Je préférerais avoir des bijoux, dit B.
-Pourquoi ?
-Parce qu'un diamant, c'est pour toujours, dit B.
-Pour toujours quoi faire ?
Andy Warhol-Pourquoi ?
-Parce qu'un diamant, c'est pour toujours, dit B.
-Pour toujours quoi faire ?
Le bruit précipité de ses escarpins résonnent encore dans la ville. Une fois de plus elle s'est enfuie, le visage dans les mains, en empruntant les ruelles les plus sombres de Paris. Éclairée faiblement par les réverbères et devantures de magasins, elle ne s'est pas retournée une seule fois. Un trop plein d'orgueil et de fierté peut-être l'en empêchée. Lorsque le film fut fini, que les lumières s'étaient rallumées, elle était déjà partie, le laissant seul devant le générique. Il était resté là, à contempler le nom des acteurs, metteur en scène, décorateurs ; tandis que le courant d'air froid et distant de la fuite de Mathilde soufflait encore dans le creux de son cou. Mathilde n'y arrivait jamais. Elle continuait impunément, à chaque occasion, de mettre un terme à ce qui venait de commencer. Pire, elle prenait un pied énorme à briser en éclat une relation d'une seconde. Elle n'avançait pas, et aurait fait n'importe quoi pour fuir l'instant, toujours plus tôt, toujours plus vite. Mais à ce moment là, au diable les conventions, à presque 30 ans elle n'a pas peur de finir sa vie sans personne. Sourire aux lèvres et éclats de rires évanoui dans son c½ur, elle traverse la Concorde, choppe par bonheur un taxi. Elle prenait un malin plaisir à se foutre dans la merde. Seule.
